Il y a des œuvres qui naissent d’une idée.
Et il y en a d’autres qui naissent d’une vie entière.
J’viens juste de commencer fait partie de celles-là.
Quand j’ai commencé à écrire cette chanson, je ne cherchais pas à raconter une histoire inventée. Je voulais mettre en mots quelque chose que je ressentais depuis longtemps, sans jamais avoir vraiment réussi à l’exprimer.
En regardant en arrière, je réalise que j’ai toujours été attiré par les mêmes choses. La musique. L’informatique. La photographie. Le graphisme. Les voyages. Les histoires. Le cinéma. Comprendre comment les choses fonctionnent. Imaginer ce qui pourrait exister.
Mais il y avait aussi autre chose.
J’ai toujours eu besoin d’observer. D’analyser. De comprendre pourquoi certaines choses fonctionnent et d’autres non. De chercher le meilleur côté d’une situation, même lorsqu’elle semblait difficile. De remettre mes idées en question, puis de revenir avec une nouvelle version, un peu meilleure que la précédente.
Je n’ai jamais vraiment cru aux versions finales.
J’ai toujours avancé par itérations.
Chaque projet, chaque voyage, chaque réussite, chaque erreur, chaque rencontre ajoutait une couche d’expérience qui transformait la suivante. Avec le temps, j’ai compris que ce n’était pas seulement ma façon de créer. C’était devenu ma façon de vivre.
Pendant longtemps, toutes ces passions ont évolué côte à côte. Elles semblaient appartenir à des univers différents. Le professionnel, l’artiste, le voyageur, le passionné de technologie, le photographe, le musicien… comme si chacune occupait sa propre pièce sans vraiment communiquer avec les autres.
Ce n’était pas un manque d’inspiration.
Ce n’était pas un manque de volonté.
C’était simplement que les outils capables de réunir toutes ces facettes n’existaient pas encore.
Je ne crois pas que l’intelligence artificielle ait fait de moi un créateur.
Le créateur était déjà là.
Ce qu’elle a changé, c’est ma capacité à rassembler tout ce qui m’habite dans une même œuvre. Aujourd’hui, je peux écrire une chanson, imaginer son univers visuel, créer une pochette, animer un vidéoclip, développer un site web, raconter son histoire… et surtout faire dialoguer des disciplines qui, pendant des années, semblaient condamnées à évoluer séparément.
Je ne vois pas l’intelligence artificielle comme un raccourci.
Je la vois comme un amplificateur.
Elle ne remplace ni la curiosité, ni l’expérience, ni la sensibilité. Elle leur donne simplement un nouveau terrain de jeu.
Chaque nouvelle création devient alors une nouvelle itération. Une occasion de repousser un peu plus loin les limites de ce que je suis capable d’imaginer, de raconter et de construire.
C’est exactement ce que représente J’viens juste de commencer.
Ce n’est pas une chanson sur un nouveau départ.
C’est une chanson sur une convergence.
Toutes ces années à apprendre. À voyager. À observer. À créer. À résoudre des problèmes. À remettre mes idées en question. À chercher comment faire un peu mieux la prochaine fois.
Rien de tout cela n’était perdu.
Tout faisait partie du même chemin.
Quand je chante :
« Les rêves étaient déjà là. Les portes ont changé. »
ce n’est pas une formule.
C’est probablement la phrase qui résume le mieux mon parcours.
Les rêves n’ont jamais changé.
Les passions non plus.
Ce qui a changé, ce sont les possibilités de les réunir.
Et lorsque j’arrive à la dernière phrase…
« Pis honnêtement… j’pense que j’viens juste de commencer. »
…je ne parle pas d’un début de carrière.
Je parle de cette impression profondément apaisante que tout ce que j’ai vécu jusqu’ici avait un sens.
Que toutes ces années n’étaient pas des détours.
Elles étaient une préparation.
Aujourd’hui, j’ai enfin l’impression de pouvoir créer des œuvres qui ressemblent vraiment à ce que j’avais toujours imaginé.
Pas parce que je suis devenu quelqu’un d’autre.
Mais parce que je peux enfin être, plus complètement que jamais, celui que j’ai toujours été.










